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L'acteur Du Croisy dans le rôle de Tartuffe lors de la création de la pièce

Après avoir été initiés en classe à la critique d’art, les élèves livrent, après le spectacle, leurs observations et leurs impressions.

Peut-être que l’humour léger de Molière ne fait plus rire, ne choque plus, chez nous. Alors il faut grossir le trait. Des attentes plus ou moins douteuses : " Damis sera-t-il beau ? Y aura-t-il des scènes dénudées ? ". Plus de soufflet, non, mais des coups de canne en pagaille. Plus seulement une main sur la cuisse, mais les sept positions du Käma-Sûtra avec strip-tease . Pour cela un Du Croisy gros et gras, la bouche vermeille, comme lors de la création n’aurait pas convenu. Il fallait un beau Tartuffe. Des actes de vingt minutes n’étaient pas assez longs, on les fait durer trente …etc …Si l’impression générale de la pièce le 16 novembre dernier à LARC n’était pas fantastique, elle n’était pas non plus désagréable. Décors et costumes étaient harmonieux et sobres. Le Tartuffe pendu à la place où flottait un Christ Pantocrator était d’un symbolisme profond.

Cyril LIABOEUF

Jean-Luc Revol est parvenu à mettre en scène ce classique admirablement bien : prendre un jeune comédien pour jouer Tartuffe était comme un défi et il réussit à laisser crédible le rôle du faux dévot. Tous les comédiens sont bons, en particulier Xavier Gallais qui pour un Tartuffe jeune s’en sort très bien. Et surtout Louise Jolly qui, avec une voix grave, arrive très bien à imposer Dorine. Elle ne trahit pas l’esprit ironique et moqueur de Molière.

Laurène BADIA


Le décor est très imposant et assez sombre. Les passages d’acte en acte sont accompagnés de musique sans rapport avec le thème de la pièce ; c’est juste histoire de prévenir qu’on passe à l’acte suivant. Les costumes réalisés par Emmanuel Peduzzi sont superbes. A croire qu’ils viennent tout droit du XVII° siècle. Seule ombre au tableau, Mariane (Marie Denarnaud) aurait pu être plus convaincante dans son désespoir de perdre Valère. Tout comme Tartuffe (Xavier Gallais) dont les jeux de scène exagérés donnent envie d’aller le tenir de peur qu’il ne se roule à nouveau par terre ! Mais Jean-Luc Revol, le metteur en scène, a certainement vu le côté amusant de toutes ces adaptations plutôt que leur lourdeur.

Anne-Sophie MAGNOSI

L’éclairage est sombre et la pièce se termine même à la bougie, comme à l’époque de Molière. Les transitions musicales sont médiocres, seuls les costumes d’époque rehaussent la mise en scène. Tous les comédiens interprètent très bien leur rôle, ils rendent la pièce vivante grâce à des grimaces et des jeux de chaises très explicites. Leur jeu est spectaculaire, avec une mention spéciale pour Cléante (Philippe Macaigne) qui a réussi à rendre son rôle intéressant alors qu’il est normalement très rébarbatif.

Jennifer MONTARNIER.

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